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L’industrie textile à la mode de l’économie circulaire | 24 Février 2018 | Le Devoir

Les vêtements des friperies pourraient ne plus connaître le rebut et avoir une deuxième vie.

Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les vêtements des friperies pourraient ne plus connaître le rebut et avoir une deuxième vie.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Une pièce de vêtement visiblement passée de mode, qui ne trouve pas preneur dans une friperie, pourrait bientôt être assurée de trouver un deuxième usage. Des organisations se réunissent depuis environ un an autour du projet Mise en valeur des textiles résiduels dans une approche d’économie circulaire (MUTREC). La démarche a été mise en oeuvre par l’organisme sans but lucratif Ethik BGC, voué à la mode éthique, qui a commencé dès 2015 à appliquer les principes de l’économie circulaire dans son approche. Il a pris contact avec le Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI), quasiment au même moment où ce dernier était sollicité par des friperies et des centres de tri qui ne pouvaient pas déballer une quantité importante de sacs de vêtements usagés faute de main-d’oeuvre. Cette masse de tissu était donc fréquemment redirigée vers l’exportation.

« Il y a des ressources et de l’expertise au Québec, indique Claude Maheux-Picard, directrice générale par intérim du CTTEI. Mais comme il n’y avait pas d’action concertée, c’étaient des ressources inexploitées. On a décidé de se regrouper en consortium pour voir ce qu’on pouvait faire différemment en considérant l’économie circulaire. »

Une personne a été embauchée pour réaliser une étude, en cours de rédaction, dont certains constats devraient être dévoilés lors du Salon des technologies environnementales du Québec, les 13 et 14 mars prochains à Québec. « Ce qui fait la force de notre approche, c’est que c’est pluridisciplinaire. Je pense qu’on a un peu tout le monde de la chaîne de valeur autour de la table, avec des visions qui peuvent se compléter », souligne Claude Maheux-Picard. À son avis, c’est avec la présence de tous les acteurs de la filière « qu’on va pouvoir trouver des solutions gagnantes et pérennes ». Elle rappelle que certains projets qui avaient des objectifs similaires ont déjà échoué par le passé au Québec pour des raisons relevant plus de la logistique que des débouchés.

Leur chantier implique même de potentiels utilisateurs finaux de produits créés grâce au défibrage du textile usagé, afin de mieux cibler des usages locaux. « Quand on fait du développement de produits, c’est un peu l’oeuf ou la poule, illustre Mme Maheux-Picard. Souvent, on y va à tâtons, puis on développe des produits pour ensuite chercher des usagers. Mais nous, ce n’est pas ce qu’on veut faire. On veut orienter directement le développement, dès le départ, vers des spécifications techniques pour chacune des utilisations. Pour les feutres isolants de bottes d’hiver, par exemple, on n’aura pas besoin des mêmes propriétés que si on fait un revêtement de panneau pour insonorisation. »

 

Source : http://www.ledevoir.com/economie/520863/l-industrie-textile-a-la-mode-de-l-economie-circulaire