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Le froid fait sonner la caisse | Journal de Québec | March 1st 2018


De plus en plus de consommateurs sont prêts à payer le prix pour s’offrir des bottes de fourrure chaudes et durables, estime Olivier Turmel, directeur de production chez Shola.

La vague de froid historique qui a traversé le Québec à la fin de décembre dernier a profité au fabricant de bottes de fourrure haut de gamme Shola qui a observé une augmentation des ventes de 20 %.

« La vague de froid a été très profitable et les répercussions ont été immédiates », a affirmé Olivier Turmel, directeur de production.

Shola s’apprête à connaître l’une de ses meilleures saisons depuis plusieurs années. Près de 9000 paires de bottes de fourrure seront fabriquées à son atelier de Vallée-Jonction en Beauce.

Très populaires dans les années 1970 et 1980, les bottes de fourrure regagnent du terrain, estime M. Turmel, malgré le prix élevé du produit et les campagnes anti-fourrure qui ont porté un dur coup à l’industrie en général au cours des dernières décennies.

Des meilleures pratiques

Le propriétaire, Jacques Verreault, visite régulièrement ses fournisseurs. L’élevage d’animaux et les pratiques des trappeurs sont encadrés par des normes internationales et sont soigneusement réglementés, assure M. Turmel.

Pour acquérir une paire de bottes Shola, il faut être prêt à débourser entre 360 $ et 2500 $.

Le choix de la fourrure y est pour beaucoup. Contrairement à la croyance populaire, les bottes de fourrure ne sont pas réservées qu’à une clientèle aisée, soutient le directeur de production.

« De plus en plus de jeunes portent nos produits. Leur durée de vie peut facilement dépasser les 10 ans, si on en prend bien soin. »

« On va se l’avouer, ça prend l’argent pour les acheter, mais nos clients sont bien renseignés et ils connaissent bien nos produits. »

En plus de cibler les amateurs de plein air et les travailleurs extérieurs avec sa marque Nakiuk, l’entreprise mise sur le développement de sa gamme Labrasky pour conquérir davantage le marché de la mode.

« Nous avons connu notre meilleure année depuis cinq ou six ans, mais je demeure convaincu que le meilleur reste à venir pour nous, car il y a beaucoup de place sur le marché pour de l’expansion », ajoute M. Turmel qui croit au potentiel de l’entreprise familiale.

Des ventes sur Amazon

Signe des temps, Shola vend sur Amazon. Des bottes en coyote se détaillent 627 $, en castor 638 $ et en phoque 518 $.

« Les résultats sur Amazon sont surprenants. On ne s’y attendait pas. C’est quand même complexe vendre des bottes de fourrure sur internet. C’est très cher pour un achat en ligne. Cela a permis de faire connaître nos modèles », a ajouté M. Turmel.

« On a vendu une paire au Nunavut grâce à Amazon », souligne-t-il.

L’entreprise beauceronne est en pourparlers avec un distributeur pour développer les marchés de la Suède, du Danemark, de la Norvège, de la Russie et du Japon. « Le processus est enclenché », explique M. Turmel.

Face à la concurrence de la Chine, l’entreprise a délaissé, en 2005, le marché des bottes de travail pour se concentrer sur les bottes en fourrure.

« On a décidé de changer l’orientation de la compagnie pour mettre notre énergie ailleurs. »

L’histoire de cette entreprise débute en 1971 lorsque Jacques Verreault joint les Entreprises J.M. Nadeau & fils, de Saint-Bernard. M. Verreault a racheté les actifs de la compagnie en 1998 pour continuer sa route avec de nouveaux investisseurs en créant la compagnie Vercorp qui est devenue Shola par la suite.

Les produits du fabricant sont distribués dans une centaine de points de vente au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Outre des bottes, Shola fabrique aussi des mitaines en fourrure.

LA COMPAGNIE

  • Domaine d’affaires : fabricant de bottes de fourrure haut de gamme
  • Propriétaires actuels : Jacques Verreault et sa conjointe, Lynda Cloutier
  • Nombre d’employés : 9 à 15
  • Siège social : Vallée-Jonction

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

« Le lancement de bottes de moto. Même si c’est le meilleur produit, ça ne veut pas dire qu’il va bien se vendre. C’est important d’investir dans la mise en marché. »

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

« Mettre en place des procédures d’observation pour arriver à régler un problème même si tout semble impossible. »

 

Diane Tremblay - http://www.journaldequebec.com/2018/03/01/le-froid-fait-sonner-la-caisse